Ann Weisgarber |
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En savoir plus: La Genèse de mon RomanTout a commencé par une cabane, aux alentours du Parc National des Badlands. La cabane, appelée le «Homestead de la Prairie», était facile à manquer car, vue de la route, elle ne payait pas de mine. Toutefois, un panneau indiquait que cette cabane, datant de 1909, figurait sur le «Registre National des Sites Historiques», et il ne m’en fallait pas plus. J’étais en vacances et j’avais tout mon temps, alors je me suis garée sur le parking et j’ai payé le prix d‘entrée. Depuis ce jour-là, tout a changé pour moi. Le «Homestead de la Prairie» se composait d’une cabane en mottes de terre gazonnée, creusée à flanc de coteau, d’un cellier pour conserver les légumes, de latrines, d’une grange et de matériel agricole d‘époque. Mon guide était Keith Crew, le propriétaire, dont les grand parents avaient été «Homesteaders» aux Badlands. Ensemble, nous avons gravi la côte qui menait à la cabane. Il y avait des terriers de chiens de prairie tout autour de nous, et M. Crew m’a conseillé de rester sur le sentier. «Si on marche sur un terrier», m’a-t’il dit, «on peut se fouler la cheville». Je suis restée sur le sentier. En approchant de plus près, chevilles intactes, j’ai vu que le toit de la cabane s’affaissait et que des herbes hautes de plus de 30 cm poussaient entre les plaques de tôle du toit. A l’intérieur, les trois pièces sentaient le renfermé et le moisi. Le sol en terre battue était tellement compact qu’on avait l’impression de marcher sur du ciment. Des feuilles de papier journal jauni étaient fixées sur certains des murs intérieurs pour dissimuler les briques en mottes de terre grossièrement coupées. Sur les murs nus, l’herbe poussait entre les mottes. A ma grande surprise, M. Crew a sorti de sa poche un briquet, l’a allumé, et s’est mis à brûler les nouvelles pousses d’herbe. «Il faut faire ça presque tous les jours», m’a-t-il dit, «sinon la prairie reprend le dessus». La chambre-à-coucher était tout juste assez grande pour un lit suspendu qui descendait à quelques centimètres du sol en terre battue. Dans le parloir, il y avait un vieux poêle ventru, et à côté, comme le bois était rare, un seau où s’entassaient des bouses de vaches dures comme de la pierre, prêtes à servir de combustible. J’ai demandé à M. Crew si elles sentaient mauvais en brûlant. «Pas tellement», m’a-t-il répondu. C’est là que la visite officielle s‘est terminée. Mais M. Crew m’a dit que je pouvais rester aussi longtemps que je voulais, et je l’ai pris au mot. Je suis retournée seule à la cuisine, la pièce la plus grande. Le long d’un mur, il y avait une cuisinière d’un noir brillant dont le tuyau passait au travers du toit par une ouverture dans le plafond. Le sol autour de la cuisinière était aussi usagé qu’un sentier. Je réalisais qu’autrefois, une femme avait passé là la plupart de son temps à faire la cuisine. J’essayais de l’imaginer. Cette femme avait préparé trois repas par jour, jour après jour, année après année. Il y avait sûrement eu des moments où elle l’avait détestée, cette cuisinière, et où elle s’était sentie prise au piège par l’obligation constante de nourrir sa famille. Et pourtant, gravée sur la porte du four, une guirlande de lierre embellissait la cuisinière. Même si c’était sa croix, cette cuisinière lui appartenait, à elle et rien qu’à elle. Elle devait en être fière. Cette femme et sa cuisinière m’ont donné les premières idées pour le roman. Toutefois, cela ne suffisait pas. Il fallait que je sache qui était cette femme et comment elle s’était retrouvée aux Badlands. Logiquement, c’était probablement une immigrée, puisque beaucoup de Suédois et de Norvégiens s’étaient implantés dans la Grande Prairie du nord. Je décidais d’approfondir cette thèse. Quelques jours plus tard, au Dakota du Sud, m’arrêtant par hasard à un petit musée au bord de la route, j’ai vu la photo d’une femme afro-américaine assise devant l’une de ces cabanes. Cela m’a étonnée. Je n’avais jamais entendu parler de pionniers noirs dans l’Ouest, et pourtant, elle était bien là en photo, toute seule, avec une expression résolue sur le visage. On avait écrit d’innombrables livres sur les pionniers suédois et norvégiens mais, à ma connaissance, aucun ou très peu sur les pionniers afro-américains. Cette inconnue sur la photo avait une histoire, et je voulais la connaître. Je lui ai donné un nom, une cabane avec une cuisinière, et j’ai commencé à écrire. «L’Histoire Très Ordinaire de Rachel DuPree» est l’histoire de ce qui aurait pu arriver.
La Rachel DuPree Française |
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© 2008 Ann Weisgarber. Tous droits réservés. | site par SmartAuthorSites.com | Traduction du site par Brigitte Benbrahim |
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